Collatéral


A few seconds after darkness
Création 2017 — 2018

Pièce immersive et sensorielle, elle vous invite à participer à la fabrication d’un nouveau monde, « A few seconds after darkness » (titre définitif).

L’espace qui s’ouvre à vous n’est d’abord qu’une nuit sans fin.
À votre entrée en ce lieu jaillissent des balbutiements sonores et des éclats lumineux.

Vous participez à la première respiration du monde. Vous êtes ce souffle, cet «instant « T » qui mêle indissociablement à l’espace, la lumière et le son. Cet univers est maintenant âgé de quelques secondes et c’est grâce à vous qu’il poursuit son expansion. En circulant librement dans cette nouvelle cosmogonie, vous modulez la lumière, vous offrez à chaque faisceaux lumineux la possibilité de créer une partition sonore singulière.

Bientôt les corps des musiciens et des performeurs émergent du paysage que vous composez. Dans cette expérience, cette communauté nouvelle que vous formez avec eux appréhende l’intimité d’une œuvre qui n’advient que dans le partage. Le Big-bang a eu lieu et la création de cet univers ne dépend maintenant que de vous.

AFTER'S | NU COLLECTIF from axelle carruzzo on Vimeo.

Le concept : une synergie des éléments

En s’inspirant des dernières recherches sur la création de l’Univers tout autant que de ses mythologies, «A few seconds after darkness» entreprend une exploration qui mêle les arts numériques à la performance, navigue entre les champs de l’installation et ceux de la scène et propose un théâtre hybride et immersif. Cette pièce est un appel au sens.

Ce projet lie étroitement le public à un espace visuel et musical, les rendant indissociables dans la poésie numérique qui en émane. L’espace scénique est entièrement consacré à l’expression d’un monde bien spécifique : la création d’un microcosme, dont le langage se construit en direct par une écriture lumineuse, électroacoustique et par la recomposition de ces deux premières en temps réel.
Développées en simultanées, ces trois écritures s’unissent, s’interpénètrent et donnent naissance, par le croisement de leurs flux, à une nouvelle dimension où l’action des hommes génère leur environnement. Ce nouveau cosmos qui se créé témoigne de leur impact sur le monde et de leur interdépendance.

La lumière devient ici non pas le révélateur esthétique de l’action au plateau, mais sa force initiale, son impulsion première. En proposant un nouveau langage basé sur ses principes structurels, elle s’adjoint en parallèle la musique, dont les sons deviennent éléments du vocabulaire, et le mouvement, qui crée et articule cette nouvelle langue. S’instaure alors un ensemble de codes, qui constitue la narration de cet espace sensible. Tout texte est absent de cette narration, elle s’opère par vibration : fréquences sonores, amplitudes lumineuses, harmonie de l’ensemble.

L’espace scénographique ainsi créé est alternativement le paysage dans lequel les participants évoluent (public, performeurs & musiciens) et l’expression de ce qu’ils vivent physiquement et intérieurement. Entrant en fusion ou en dissonance avec cet espace, ils dessinent ensemble une polyphonie sensorielle. Ils sont ici et maintenant.

L’ESPACE de jeu

L’espace scénique est pensé de façon à ce qu’il soit considéré comme un instrument (tant lumineux que sonore), proposant un jeu hypnotique pour une expérience entre ordre et désordre, déterminisme et hasard, composition et lâcher prise. Si nous sommes maîtres des règles du jeu, nous n’avons néanmoins pas le contrôle sur l’œuvre globale qui résulte de cette rencontre. Immergés au sein de cette structure sensible à la présence humaine, les participants la sculptent au gré de leurs actions. Chacun d’entre eux joue un rôle dans cette œuvre : la musicalité produite par leurs corps est un élément à part entière de la composition sonore, auquel se superpose la réactivité du dispositif lumineux.

ÉQUIPE

— Performeurs : Diane Peltier (chorégraphe), Sébastien Lenthéric (comédien), Gaëtan Rusquet (performeur)
— Création sonore : Damien Ravnich et Bertrand Wolff — Postcoïtum
— Artiste numérique | Ingénieur multimédia : Daniel Romero
— Création lumière : Guillaume Allory
— Régie lumière : Jason Razoux
— Construction des volumes : Christophe Beyler | Plasticien
— Mise en œuvre : Axelle Carruzzo
— Assistant à la mise en scène : Sébastien Lenthéric
— Regard extérieur : Mathias Beyler
— Accompagnement au projet : Thomas Desfossé

COPRODUCTION

— Humain trop humain | Centre Dramatique National de Montpellier

ACCUEIL EN RÉSIDENCE

— MÈQ | Département Numérique du hTh CDN de Montpellier
— LABOral Centro de Arte y Creación Industrial | Gijón, Asturies, Espagne
— Domaine d’O | Domaine Départemental d’Art et de Culture | Montpellier
— Mix’Art Myrys – Collectif d’artistes autogéré | Toulouse

SOUTIENS

— L‘Institut français | Bilbao | Aide à la résidence
— Drac Languedoc Roussillon-Midi-Pyrénées | Aide à la résidence
— La Région Occitanie Pyrénées Méditerranée | Aide à la résidence
— La Mairie de Montpellier | Aide au fonctionnement

 


Ce qu’il reste de la folie

Un film de Joris Lachaise

Il y a Khady,
une femme dont les écrits
et les images qu’elle tourne
ne parviennent pas à sauver du tourment.
Elle qui aimerait tant parvenir à nommer
ce mal qui tournoie dans son esprit.

Il y a tous les autres, des fous croit-on,
chez qui le vertige côtoie si fortement la lucidité
qu’on se demande quel lien obscur relie ces deux états.

Il y a cet hôpital. Thiaroye,
en lisière de Dakar.
Un lieu où la psychiatrie en Afrique s’est écartée
du chemin tracé par la colonisation.

Et il y a la folie qui nous parle,
qu’on écoute attentivement,
qui nous bouleverse, non par compassion
mais parce qu’elle emporte toutes nos certitudes.
Monologues ultimes des âmes blessées
qui ne s’embarrassent d’aucun calcul
et qui s’adressent aux confins de nous-mêmes,
là où le déséquilibre intérieur n’est pas un risque
mais une vérité sourde, enfouie.
Prête à surgir.

Jean-Pierre Krief