Umwelt


Pièce pour bande et deux percussionnistes, 40 minutes environ, 2017

Bertrand Wolff, composition
Damien Ravnich, batterie
Francois Rossi, batterie

Umwelt strip3

En tant que concept inventé par le biologiste et philosophe allemenand Jakob von Uexküll, l’Umwelt uni e l’ensemble des processus sémiotiques (créateur de « sens ») d’un orga- nisme. Le monde propre d’un organisme est donc la somme de ses expériences issues de ses parties fonctionnelles lui permettant d’appréhender le monde (nos cinq sens pour l’être humain). Pour survivre, chacune de ses parties fonctionnelles doivent fonctionner de concert. Cette expérience collective, propre à une espèce donnée est appelée l’ Umwelt collectif . Si quelque chose vient perturber cette vision uni ée du monde, l’organisme en sera directement affecté. Lorsque ces perceptions sont « synchrones », l’organisme développe des actions orientées vers un but et des comportements intentionnels .
 “Forte d’une écologie des sons, elle (la musique spectrale) intègre le temps non plus comme une donnée extérieure appliquée à un matériau sonore considéré comme hors-temps, mais comme une donnée consti- tuante du son lui-même. Elle s’e orce de rendre palpable le temps sous la forme “impersonnelle” de durées apparemment fort éloignées du langage mais sans doute proches d’autres rythmes biologiques qu’il nous reste à découvrir. (…)“ (1)
L’enjeu se situe ici à trouver une cohérence entre les di érents espaces sonores/vibrants. Il faut aussi établir dès lors un lien entre les sons de synthèse (à travers l’analyse de leurs morphologies) et le corps résonnant de la batterie dans son espace propre. Ce dispositif peut permettre également de donner forme à l’exploration d’un temps extrêmement dilaté parfois et ainsi rendre sensible le plus petit degré de changement entre un son et le suivant. Le temps et son intégration comme objet même de la forme peut il résoudre alors l’ensemble de ces questionnements? Quelques solutions s’o rent à nous, en voici une liste non exhaustive:
-Exploration d’un temps “étiré” et d’un temps “contracté” di érents de celui des rythmes du langage. -Intégration du temps comme objet même de la forme.
-Réactualisation – à terme – d’une métrique souple et exploration des seuils entre rythmes et durées. -Dialectique possible entre des musiques évoluant dans des temps radicalement di érents. -Approche plus “organique” de la forme par auto-engendrement des sons.
-Superposition, et juxtaposition de formes déroulées dans des temps radicalement di érent
Ces processus compositionnels (lié à la musique électroacoustique d’une manière générale mais aussi à certaines préoccupations de la musique spectrale ) nous permet d’aborder nalement la musique en dehors de toutes structures dé nie à priori. Nous nous devons donc d’aborder la composition musicale de manière suggestive a n de ne pas donner une simple illustration de concepts (bigbounce, etc…) chargés de nos propres projections. Pour cela, une attention particulière est porté à la phénoménologie de la perception dans le rapport qu’entretiennent les spectateurs/acteurs avec le dispositif de di usion. (Position d’écoute)
(1)“Vous avez dit Spectral ?“ Gérard Grisey ,1998

Creation 2017-GMEM Centre National de création musicale